2022 – 2023

Ce semestre, nous avons eu la chance de mettre en place deux projets pour illustrer notre thème : les groupes 1 et 2 étaient réunis autour de notre professeur de chant, Nolwenn. Puis, les groupes 3,4,5 ont travaillé sur un atelier d’écriture poétique et oralisation sur une musique, accompagné des poètes et musiciens Rémi et Annika.

Le groupe 1 : Nolwenn s’est concentrée sur des chansons en rapport avec notre thème. Les enfants ont interprété La maladie d’amour de notre cher Michel Sardou, Les Enfants du monde de la Green Team et la Tactique du Gendarme de Bourvil !

Des extraits :

Groupe 2 : Rémi et Annika se sont concentrés sur la production de poèmes en français avec les enfants. Ils ont puisé dans leur imagination, leur créativité et sens de l’humour pour créer de merveilleux poèmes. Si l’exercice n’était pas facile pour tout le monde, chacun a mis sa touche personnelle pour la création du spectacle de fin d’année. Voici quelques poèmes, suivis de pistes audio pour vous plonger dans cette incroyable aventure, entre féérie et gourmandise !

Bienvenue
« Vous êtes là
Le cœur battant,
Les mains tremblantes
Et l’esprit qui divague
Nous,
On a renversé les étoiles qui maquillaient vos yeux
Pour en faire des confettis,
On a ouvert en grand la cage de nos forêts intimes
Et les tigres vagabondent dans le désordre de la nuit,
On a greffé des incendies au hasard de vos doutes
En espérant qu’ils vous rencontrent un jour.

Vous,
Vous voudriez des bouées sur la rive
Pour le déluge à venir,
Des carillons au sommet des montagnes acérées
Et des alligators aux fenêtres
Pour saluer le soir tombant.
Vous voudriez sentir de combien on a besoin les un des autres
Trouvez le feu qui renversera la pluie des jours battants
Des bateaux arrimés sur l’écume de vos rêves
Des cerfs-volants accrochés au petit matin
Ha. Il y a sûrement plein de drame et de beauté qui nous attendent à
l’horizon.

Des morceaux d’insomnie qui marchent à reculons.
Mais ce soir vous êtes là !

Pas d’inquiétude,
La nuit est douce,
Elle accueille tout le monde.
Chaque sourire est une victoire
Chaque rire transperce le silence.
Prenez place.
Vous êtes le
Vous êtes la.

Seul
Seul, face à la mer
Sans personne à l’horizon,
Je rame vers les étoiles.
Des villes comme des cerfs-volants
Des chats, des oiseaux,
Comme autant de soleils inversés.
Des lapins qui sautent au-dessus de la mer –
J’espère pouvoir te retrouver.

C’est lui qui m’attends
Je sors de mon lit bordé de flammes.
La nuit qui m’accueille porte en incendie en son cœur.
Le chant des oiseaux
Brise le silence glacial du matin.
Mon jet-ski m’attend pour aller au cirque. Il faut cracher des étoiles sans faire de vagues – Comme un cracheur de feu muet.
C’est quand le goûter ?

Le goûter
Le goûter nous manque
Il est bon
Pur.
Pure poussière d’étoiles.
Mais toujours – Il y a quelque chose qui nous manque –
C’est sec – Mais c’est toujours bon !
Je m’allonge dans mes souvenirs
Et je savoure le bruit des vagues
Sur ma mémoire.

L’attaque
Je suis le dernier de ma tribu,
Tous les autres sont fichus –
Ils vont devenir le déjeuner des panthères.
Je cours et cours mais je n’arrive jamais à la montagne
Maintenant que je suis à la montagne
Je grimpe et grimpe et grimpe.

De ma fenêtre
De ma fenêtre
Je vois une ville sombre.
Au parc, il n’y a personne.
Je voudrais y aller.
Je serais toute seule,
Lentement je roulerais
Dans ma voiture.
Mais je vais avoir peur.
Peut-être
Peut-être pas.
Je reste à la maison.

Une journée d’été
Le soleil est chaud
Je me baigne avec mes amis.
Tout ça – J’aime bien.
On va au restaurant,
Je commande quelque chose de nouveau
C’est bon mais – très nouveau.
L’hôtel est bien
Mais je manque toujours de quelque chose.

La fête foraine
C’était le premier jour des vacances, on avait pris le Ferry, tôt le matin –
Un tunnel sous la mer qui débouchait en plein
Dans les nuages.
La grande roue perchée dans le ciel
Les autos tamponneuses,
L’odeur de la barbe à papa
Les poissons qui nageaient entre les rails
Et l’immense montagne russe qui transpercerait les nuages.
Je tremble un peu,
De peur, et puis
La joie éclate
Dans la descente.

L’astronaute
Les astronautes du matin bleu ont peur
Du sommeil de l’étoile filante.
Elle dort sur la palette du peintre.
Il rajoute des couleurs aux nuages
Et une touche de pastel au soleil.
C’est l’après-midi.
Il nous manque une ombre pour nous reposer.

Le nageur

Je nage dans une rivière d’étoiles,
La lune éclaire mon visage – Grosse patate écarlate – qui tombe
Vers les montagnes silencieuses.
Personne n’entendra l’explosion.
Le cri – éternel
Qui renverse
La mort.

La mort
J’ouvre les yeux,
Il est là –
Le chemin éternel qui mène vers
La grande porte noire.
Des roses blanches
Et quelques fleurs fanées
Pour tout espoir.
La bouche se tait,
Les mains tremblent
Mais l’œil veut voir.
J’ouvre la porte
Du nouveau monde.

Danse macabre
Le vent arrache quelques feuilles mortes
Et les fait danser
Dans un tourbillon de tristesse.
Je suis l’assassin de l’automne.
Je recolle chaque feuille à sa place.
Un travail titanesque.

L’orage
Il y a un feu en fleur qui pousse
Dans la nuit des nuages.
J’ai appelé les pompiers mais
Rien ne saurait l’éteindre.
Nous restons en silence et regardons le ciel s’embraser.
Des fenêtres vides,
Des forêts fatiguées.
Toute la ville attend l’orage.

L’archéologue

Je creuse dans mes souvenirs comme un archéologue révèle un passé oublié.
J’y trouve
Des images de vacances,
Des villas ensoleillées,
Des noix de coco,
Des palmiers,
La plage et le sable doux.

Vacances
C’est le dernier jour des vacances d’automne
Toutes les fleurs sont coupées.
Les loups noirs qui rodent dans le jardin de nos esprits
Ont dévoré la nuit des fleurs.
La pluie, c’est comme des larmes.
Elle fait tout repousser.
Vivement le printemps !

La nuit
La nuit qui tombe sur Paris
Ressemble à une ombre malfaisante.
Je regarde la lune à travers les nuages
Pale – Sinistre
Presque un cri
Pas une étoile pour nous guider.

Les enfants torches qui naissent
Dans les ruelles étroites
S’en vont vers la mer.
Le chaos qui bat entre nos mains
Ne saurait éteindre cela.
Je suis seul, face à la grande fenêtre,
Je regarde la joie qui nous échappe
S’enfuir au loin.
Tu es là.
Le bruit des vagues,
Le feu des oiseaux
Les coquillages qui chantent
Et cette nuit qui nous traverse.
Tout nous rappelle à l’instant.

Nuit
Il y a des métros
Qui transportent des ombres endormies
Vers des étoiles filantes.
Des néons crachés
Dans le brouillard de la ville
Pour étouffer l’aube naissante.
Des bureaux remplis de vide
Qui scintillent
À côté des machines à café.
Et la sonnerie incessante des oiseaux mécaniques

Qui nous rappellent à la vie.
Je m’éveille dans cette jungle folle
Et cherche l’or enfoui
Dans l’oasis de mes souvenirs.
Tu es là,
Dans le calme absolu
Et je te tiens dans mes bras.
Il faut saisir l’instant,
La joie imminente
Pour toute éternité.
Je prends mon café.

Piscine
La piscine était froide
Et les enfants hurlaient.
Mais la neige dansait
Par-delà la grande fenêtre.
La calme qui m’attend.